le libre, la notion de source et les licences libres
Par Thib le dimanche 05 octobre 2008, 12:33Tags : libre
Pas mal de personnes arrangent la notion de libre en fonction de leurs intérêts.
Un truc sous CC BY NC SA est mieux qu'un droit d'auteur « de base », on est d'accord, mais une telle œuvre n'est PAS libre.
Encore une fois, je ne leur repproche pas de diffuser du proprio, mais de dire que le proprio diffusé est libre (même si on peut considérer que c'est « plus libre » que d'autres trucs).
Tel que définit par la FSF, le logiciel libre garantit 4 libertés :
À peu près tout le monde est d'accord sur cette définition, mais beaucoup de gens se disent que ce n'est adapté qu'au logiciel, et pas à l'Art.
Ceux là, et ceux qui contestent les 4 libertés, même dans le logiciel, voient probablement ces libertés comme venues de nulle part.
Mais non, ce ne sont pas des lois gravées dans des tablettes divines, c'est juste logique.
Je m'explique : ces 4 libertés sont une formulation du maximum de libertés permises sur une œuvre dont chaque copie et chaque dérivé partagent le même ensemble de droits et de restrictions.
Aucune de ces 4 libertés n'empêche de redistribuer les travaux dérivés sous la même licence que l'original, et si on rajoutait une autre liberté, en ajoutant par exemple « sous quelque licence que ce soit », on supprimerait le copyleft.
Après, une licence libre n'impose pas forcément de garder les conditions identiques pour chaque copie et chaque œuvre dérivée de l'œuvre d'origine, mais elle doit garantir au moins ces 4 libertés pour chaque copie de l'œuvre originale.
Donc une œuvre libre donne à tout le monde la liberté totale sur l'œuvre en question, dans le cadre du copyleft.
Un autre argument que certains avancent pour justifier leur définition « maison » de liberté en ce qui concerne l'Art avec un grand A, c'est que l'Art n'a pas de source.
Cet « argument » a été une fois illustré par la question suivante : « Quelle est la source d'un poème ? ».
Ce à quoi je répondrais : « Quelle est la source d'un script Python ? ».
La source du poème est, à l'image du script Python, le poème lui-même (à moins qu'il ait été généré avec un outil, mais j'aimerai bien voir le résultat). En effet, le script, comme le poème, naît dans la tête de celui qui l'écrit.
Un script python doit se conformer à des règles (syntaxe, ...) ? Un poème aussi (sinon, je peux appeler poème toute suite de caractères aléatoires).
Le script est issu d'une réflexion du programmeur ? Le poème est issu d'une réflexion du poète.
Modifier le poème en ferait un poème différent ? Comme pour le script, il existe à un certain point à partir du quel on peut ne plus considérer le poème modifié comme une « version alternative » du poème. Ce n'en est pas moins une œuvre dérivée.
J'anticipe déjà « et la source d'un dessin ? » : la question est vaste, et une fois que je me serai exprimé dessus, on me demandera la source d'une musique, etc., donc je vais répondre plus globalement :
Je suis pas juriste, mais la source d'une œuvre (aussi bien le poème que le dessin ou le programme) est la forme sur laquelle on a travaillé, et qui permet de donner l'œuvre en appliquant un ensemble d'opérations bien définies (ne constituant pas le travail de création).
Divers exemples :
Pour en revenir aux licences libre, il s'agit de textes donnant un cadre juridique précis aux 4 libertés et aux problèmes spécifiques qui gravitent autour (comme les brevets logiciels).
La GNU GPL n'est pas la licence ultime, elle est adaptée au logiciel mais elle doit quand même pouvoir s'appliquer à toute forme de création (numérique tout du moins).
Pour l'Art, beaucoup utilisent une des licences Creative Commons.
Malheureusement, cela prête souvent à confusion : nombreux sont ceux qui disent « Sous licence Creative Commons », alors qu'il existe plusieur licences Creative Commons (et certaines ne sont pas libres).
De plus, je ne vois aucune raison d'utiliser une CC BY SA plutôt que la GNU GPL.
Elle est peut-être plus adaptée, mais je n'en serai pas si sûr : les licences CC ont la prétention de couvrir tout l'Art, ce qui est, vous le reconnaîtrez, vaste.
Ceci dit, je n'ai pas lu le texte complet de la licence, et, je ne suis pas juriste.
Un truc sous CC BY NC SA est mieux qu'un droit d'auteur « de base », on est d'accord, mais une telle œuvre n'est PAS libre.
Encore une fois, je ne leur repproche pas de diffuser du proprio, mais de dire que le proprio diffusé est libre (même si on peut considérer que c'est « plus libre » que d'autres trucs).
Tel que définit par la FSF, le logiciel libre garantit 4 libertés :
(http://www.gnu.org/philosophy/free-sw.fr.html)
- La liberté d'exécuter le programme, pour tous les usages (liberté 0).
- La liberté d'étudier le fonctionnement du programme, et de l'adapter à vos besoins (liberté 1). Pour ceci l'accès au code source est une condition requise.
- La liberté de redistribuer des copies, donc d'aider votre voisin, (liberté 2).
- La liberté d'améliorer le programme et de publier vos améliorations, pour en faire profiter toute la communauté (liberté 3). Pour ceci l'accès au code source est une condition requise.
À peu près tout le monde est d'accord sur cette définition, mais beaucoup de gens se disent que ce n'est adapté qu'au logiciel, et pas à l'Art.
Ceux là, et ceux qui contestent les 4 libertés, même dans le logiciel, voient probablement ces libertés comme venues de nulle part.
Mais non, ce ne sont pas des lois gravées dans des tablettes divines, c'est juste logique.
Je m'explique : ces 4 libertés sont une formulation du maximum de libertés permises sur une œuvre dont chaque copie et chaque dérivé partagent le même ensemble de droits et de restrictions.
Aucune de ces 4 libertés n'empêche de redistribuer les travaux dérivés sous la même licence que l'original, et si on rajoutait une autre liberté, en ajoutant par exemple « sous quelque licence que ce soit », on supprimerait le copyleft.
Après, une licence libre n'impose pas forcément de garder les conditions identiques pour chaque copie et chaque œuvre dérivée de l'œuvre d'origine, mais elle doit garantir au moins ces 4 libertés pour chaque copie de l'œuvre originale.
Donc une œuvre libre donne à tout le monde la liberté totale sur l'œuvre en question, dans le cadre du copyleft.
Un autre argument que certains avancent pour justifier leur définition « maison » de liberté en ce qui concerne l'Art avec un grand A, c'est que l'Art n'a pas de source.
Cet « argument » a été une fois illustré par la question suivante : « Quelle est la source d'un poème ? ».
Ce à quoi je répondrais : « Quelle est la source d'un script Python ? ».
La source du poème est, à l'image du script Python, le poème lui-même (à moins qu'il ait été généré avec un outil, mais j'aimerai bien voir le résultat). En effet, le script, comme le poème, naît dans la tête de celui qui l'écrit.
Un script python doit se conformer à des règles (syntaxe, ...) ? Un poème aussi (sinon, je peux appeler poème toute suite de caractères aléatoires).
Le script est issu d'une réflexion du programmeur ? Le poème est issu d'une réflexion du poète.
Modifier le poème en ferait un poème différent ? Comme pour le script, il existe à un certain point à partir du quel on peut ne plus considérer le poème modifié comme une « version alternative » du poème. Ce n'en est pas moins une œuvre dérivée.
J'anticipe déjà « et la source d'un dessin ? » : la question est vaste, et une fois que je me serai exprimé dessus, on me demandera la source d'une musique, etc., donc je vais répondre plus globalement :
Je suis pas juriste, mais la source d'une œuvre (aussi bien le poème que le dessin ou le programme) est la forme sur laquelle on a travaillé, et qui permet de donner l'œuvre en appliquant un ensemble d'opérations bien définies (ne constituant pas le travail de création).
Divers exemples :
- la source d'un exécutable compilé par GCC, c'est le code C
- s'il a été généré, c'est ce à partir de quoi il a été généré
- pour un dessin en SVG ou son rendu, il s'agit du SVG lui-même
- s'il s'agit d'une image crée avec The GIMP, c'est le .xfc
- si l'œuvre est un enregistrement musical, c'est la/les partitions,
- ...
Pour en revenir aux licences libre, il s'agit de textes donnant un cadre juridique précis aux 4 libertés et aux problèmes spécifiques qui gravitent autour (comme les brevets logiciels).
La GNU GPL n'est pas la licence ultime, elle est adaptée au logiciel mais elle doit quand même pouvoir s'appliquer à toute forme de création (numérique tout du moins).
Pour l'Art, beaucoup utilisent une des licences Creative Commons.
Malheureusement, cela prête souvent à confusion : nombreux sont ceux qui disent « Sous licence Creative Commons », alors qu'il existe plusieur licences Creative Commons (et certaines ne sont pas libres).
De plus, je ne vois aucune raison d'utiliser une CC BY SA plutôt que la GNU GPL.
Elle est peut-être plus adaptée, mais je n'en serai pas si sûr : les licences CC ont la prétention de couvrir tout l'Art, ce qui est, vous le reconnaîtrez, vaste.
Ceci dit, je n'ai pas lu le texte complet de la licence, et, je ne suis pas juriste.
Merwok
le vendredi 24 avril 2009, 20:32Tu as une maladresse de formulation au début : « Un truc sous CC BY NC SA est mieux qu'un droit d'auteur « de base » »
? « Un truc sous CC by-nc-sa est mieux qu’une absence totale de libertés / de droits accordés aux utilisateurs. » Licence != copyright.
Je lirai tout plus tard et je ferai un vrai commentaire.